Description logo pour referencement
   
Interview de RUE DE L’ECHIQUIER
A la Une
GenreLittérature

La maison qui a inventé une collection Philo pour les ados-jeunes adultes...

Les Editeurs ont la parole

Les éditions RUE DE L’ECHIQUIER

… INTERVIEW de Anne Peter, co-gérante et éditrice (aux côtés de Thomas Bout)

ANNE PETER :

 

Âge : 43 ans

Ses fonctions au sein de la Maison : Éditrice et co-gérante (mais plus « co » que « gérante », mon associé Thomas Bout tenant les rênes de la maison au quotidien).

Son top 5 ou 10, des auteurs qu’elle aime...

Ce sont les noms des auteurs d’albums illustrés pour enfants que je lis tous les soirs à mon petit dernier qui me viennent à l’esprit, mes ados choisissant et lisant tout seuls leurs histoires désormais…

ses passions :
Mon métier d’éditrice, qui laisse peu de place aux autres passions en dehors de celle de m’occuper de mes enfants… Je peux citer quand même la littérature, le cinéma, le théâtre, les expositions d’art, et puis la randonnée et les voyages (dans une vie antérieure…).
 

RACONTEZ-NOUS VOTRE HISTOIRE…

YABOOK : Quand, où et par qui a été fondée la Maison ?
Anne Peter : Les éditions Rue de l’échiquier ont été fondées au printemps 2008 dans le Xe arrondissement à Paris, par mon associé Thomas Bout, que j’ai accompagné dans cette démarche.
 
YABOOK : Pourquoi ce nom ?
Anne Peter : Parce que nous n’en avons pas trouvé d’autre — nous n’avons pas fait preuve de beaucoup d’imagination… Il se trouve que nos bureaux sont situés rue de l’échiquier. Le nom sonnait bien, nous permettait de ne pas nous enfermer dans un type de publications. Et puis la métaphore du jeu d’échecs nous semblait correspondre à notre projet éditorial : une façon particulière de parcourir le monde, dans tous les sens, à l’affût de toutes les rencontres possibles ; l’aspect ludique, l’importance du plaisir que nous éprouvons à exercer notre métier ; le noir et le blanc, comme dans la vie…

YABOOK : Pourquoi cette création (circonstances…) ?
Anne Peter : Après avoir travaillé pendant quinze ans dans des grands groupes d’édition, nous avons eu envie — et besoin —, de prendre notre indépendance. Nous avons commencé par créer, en 2004, une structure de « packaging » éditorial : aaéditions, société de prestations de services qui crée des livres sur commande de différents éditeurs, essentiellement dans les domaines du beau livre et du livre pratique. Au bout de quatre années d’activité, nous avons pu, parallèlement et grâce à nos économies, lancer notre marque, en développant les livres qui nous tenaient à cœur, dans le domaine des sciences humaines. Mais nous continuons à mener de front les deux activités, aaéditions restant, financièrement parlant, la colonne vertébrale de Rue de l’échiquier.
 
YABOOK : Quelle est la ligne éditoriale et quelle est son évolution si il y en a une, depuis le début ?
Anne Peter : Nous proposons des livres d’entretiens, de vulgarisation ou de référence dans des domaines comme l’économie sociale et solidaire (collection « Conversations solidaires »), le développement durable (collections « Les petits ruisseaux » et « Initial(e)s DD »), l’écologie (« Conversations écologiques ») et la philosophie (« Philo ado »).
L’objectif est de rendre compte, de façon simple, des actions et des pensées de femmes et d’hommes de notre temps qui, chacun dans leur domaine, font avancer la réflexion et contribuent à redessiner le monde.
 
YABOOK : Quels ont été les étapes marquantes de son histoire ? Expliquez le pourquoi du comment….
Anne Peter : Ce sont les rencontres avec chacun de nos auteurs qui ont été déterminantes, et qui nous ont fait avancer, d’un grand pas, à chaque fois.

J’ai envie d’évoquer la soirée de lancement de la maison d’édition, le 11 février 2009, au Comptoir général à Paris. Un moment fort symboliquement, qui marquait la publication des deux premiers titres, dans la collection « Conversations solidaires », en présence de leurs auteurs, Jean-Guy Henckel fondateur des jardins de Cocagne, Pierre Duponchel, créateur du Relais, Jean-Marc Borello, du groupe SOS — dont le livre était en cours —, et puis Patrick Viveret et Martin Hirsch.
Et surtout : notre premier contact avec nos lecteurs !

Je pense aussi à notre première réimpression : celle de l’entretien avec Claude Alphandéry dans la collection « Conversations solidaires » (Une si vive résistance) et à la création de notre nouvelle collection, « Initial(e)s DD », dont le premier titre, Biomimétisme, de Janine M. Benyus, a été réimprimé lui aussi. Et à cette impression, grisante pour un éditeur, que ces livres arrivaient au bon moment, voire qu’ils étaient attendus.
 
YABOOK : Combien de salariés comptaient la Maison à sa création et aujourd’hui ?
Anne Peter : En tant que co-gérants, nous ne sommes pas salariés, mais nous étions deux au départ, et nous avons rapidement recruté une responsable de communication pour nous accompagner dans le lancement de la maison. Nous avons également une salariée côté aaéditions, et une grande « famille » de collaborateurs extérieurs qui gravitent autour de nos deux maisons.
 
YABOOK : Combien de livres publiés et à combien d’exemplaires en moyenne ?
Anne Peter : Nous avons aujourd’hui 25 livres au catalogue, et nous imprimons en moyenne à 2 000 exemplaires.
 
YABOOK : Et quel est le territoire couvert (vos lecteurs viennent ils des 4 coins du monde) ?
Anne Peter : Grâce à une subvention du Conseil régional d’Île-de-France, nous avons participé cette année aux Salons du livre de Bruxelles, de Genève, et très récemment de Montréal. Nous avons ainsi constaté que nos livres pouvaient intéresser un public francophone en dehors de l’hexagone, et certains titres sont également susceptibles de faire l’objet de cessions de droits — les contacts avec des éditeurs étrangers sont en cours.
 
YABOOK : Quelles sont les originalités, les spécificités de la Maison ?
Anne Peter : • Une approche très concrète. Nous donnons la parole à des acteurs de terrain dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, de l’écologie, du développement durable, et nous faisons découvrir leurs expériences.
• Un regard optimiste. Les expériences dont nous rendons compte sont enthousiasmantes, mais nous avons la conviction que chacun, plus modestement et en agissant à son échelle, peut faire bouger les choses. D’où l’idée, par exemple, d’un petit carnet pratique à la fin des titres de la collection « Les petits ruisseaux » qui propose des synthèses sur des sujets d’actualité liés au développement durable (la disparition des abeilles, la mobilité durable…).
• Notre expérience de vulgarisation : nous rendons accessibles des actions, des pensées, qui ne le sont pas toujours immédiatement — c’est le cas notamment pour la collection Philo ado qui ouvre le monde de la philosophie à des lecteurs non initiés.
 
YABOOK : Comment la Maison lutte contre la crise ?
Anne Peter : Nous avons commencé il y a un an et demi à prendre des mesures pour alléger nos charges, en réduisant notre surface de bureaux, par exemple. Nous allons continuer à tenir la barre.

YABOOK : Quelle est la position de la Maison concernant les livres numériques ?
Anne Peter : Nous sommes en veille sur ce sujet, et nous savons qu’il faudra bientôt passer à l’action car c’est bien sûr une évolution de notre secteur qu’il ne faut pas négliger, mais nous ne sommes pas inquiets pour le livre papier, qui est irremplaçable !

YABOOK : Quelle a été votre actualité 2011 ?
Anne Peter : Nous avons publié de nouveaux titres dans les collections existantes :
Dans la collection Conversations solidaires
Une si vive résistance, entretien avec Claude Alphandéry
La voie de l’innovation sociale, entretien avec Hugues Sibille

Dans la collection Conversations écologiques
Je jardine ma ville, conversation entre Sylvie Cachin et Sylvie Ligny

Dans la collection Philo ado
Se venger, Rêver, Être jaloux

Ainsi qu’une version 2012 de l’agenda des Jardins de Cocagne.

Et l’année 2011 a vu la naissance de deux nouvelles collections :
• La collection Initial(e)s DD, qui propose des traductions en français de textes fondateurs dans le domaine du développement durable, avec la parution des deux premiers titres :
Biomimétisme, de Janine M. Benyus
Basculement, de Lester R. Brown

• et une collection de guides et d’essais dans le domaine de l’entrepreneuriat social inaugurée par la parution de L’entreprise sociale (aussi) a besoin d’un business plan, par Thierry Sibieude et Marie Trellu-Kane (le premier manuel pour évaluer efficacement le business plan d’une entreprise à finalité sociale).

YABOOK : Quels sont les temps forts de l’année pour vous ?
Anne Peter : Nous aimons organiser des rencontres entre nos auteurs et nos lecteurs et ces moments sont toujours des temps forts. Cette année particulièrement, nous avons accueilli à Paris les auteurs américains des deux premiers titres de la collection Initial(e)s DD, deux personnalités très charismatiques :
• la biologiste Janine M. Benyus, à l’occasion de la parution en français de Biomimétisme (Quand la nature inspire des innovations durables) a présenté lors d’une conférence ce courant scientifique révolutionnaire, qui s’inspire de la nature pour développer de nouveaux modèles techniques, économiques et sociaux durables.

• l’agroéconomiste Lester R. Brown, à l’occasion de la parution en français de Basculement (Comment éviter l’effondrement économique et environnemental), a exposé les mesures qu’il préconise pour éviter de basculer dans l’irréparable.
 
YABOOK : Quels sont les projets à venir ?
Anne Peter : Dans la collection Philo ado, qui vous intéresse particulièrement, nous prévoyons 4 nouveaux titres en 2012 : Voler, Avoir peur, Désobéïr, et Mourir. Joli programme…
 
YABOOK : A propos de la jeunesse : pourquoi viser ce public, que lui offrez vous de spécifique ?
Anne Peter : Nous n’avons à ce jour qu’une collection destinée aux adolescents et aux jeunes adultes, Philo ado, mais nous souhaitons développer d’autres projets pour cette tranche d’âge. Dans la lignée de nos précédentes collections (Conversations solidaires, Conversations écologiques, Les petits ruisseaux), Philo ado arrivait naturellement comme une autre façon de s’interroger sur le monde et de rechercher du sens.
 
YABOOK : Quelle est votre position en particulier vis-à-vis de ce public ( vos objectifs ludique, pédagogiques culturels etc.) ?
Anne Peter : Les objectifs de la collection sont d’abord pédagogiques, l’idée étant de donner à ses lecteurs le goût de la philosophie et de lui apporter des outils pour réfléchir. À l’échelle de chaque chapitre, l’auteur construit une problématique. Il donne des définitions, opère des distinctions, et jalonne ainsi le parcours du lecteur pour le mener sur des pistes de réflexion.
Mais Philo ado propose également une ouverture culturelle, en s’appuyant sur des exemples empruntés à la littérature et au cinéma qui donnent envie de lire, de voir ou de revoir des films. Et nous ne perdons pas de vue, bien sûr, le plaisir du lecteur !

La philosophie offre des clés pour comprendre le monde, et la collection Philo ado crée des ponts entre la vie quotidienne et les grands auteurs de philosophie. Elle apporte un éclairage philosophique sur des thématiques qui nous concernent tous : Mentir, Perdre son temps, Tomber amoureux, Se venger, Rêver, Être jaloux…
L’idée de la collection est née du constat qu’il n’existait, à notre connaissance, aucune collection d’initiation à la philosophie pour les ados ou les jeunes adultes, alors que les propositions de ce type pour les 8-12 ans étaient nombreuses. Or il nous semblait important de sensibiliser les 15-17 ans à la philosophie avant leur entrée en classe de terminale, et surtout de leur donner accès à cette forme nouvelle de compréhension de soi, des autres et du monde.
L’approche est différente de celle qui est pratiquée dans le cadre scolaire, mais complémentaire, et les grandes notions abordées en classe de terminale sont traitées de façon transversale — le bonheur, la liberté, la justice, la vérité… Les lycéens y trouvent leur compte, mais la portée de la collection dépasse largement cette tranche d’âge, et les adultes qui n’ont pas forcément eu l’occasion de lire Nietzsche, Kant ou Heidegger, se laissent prendre au jeu.
Le discours, concret, s’appuie sur des situations vécues et des exemples empruntés à la littérature et au cinéma. La structure par mots-clés, du verbe qui fait l’objet du titre du livre à son contraire (mentir et dire la vérité, perdre son temps et prendre son temps…) permet d’explorer toutes les facettes de la thématique en une quinzaine de courts chapitres qui peuvent être lus indépendamment les uns des autres, chacun pour lui-même, selon la fantaisie du lecteur.
Marie-France Hazebroucq, agrégée de philosophie ayant passé toute sa carrière à enseigner en classe de terminale et en classes préparatoires, auteur de Mentir et de Se venger, accompagne l’équipe d’auteurs, professeurs de philosophie pour la plupart.
 
YABOOK : La Maison se trouve à Paris dans le XXe arrondissement : rue de l’Échiquier… pourquoi ?
Anne Peter : C’est un quartier que nous aimons pour sa vie et sa diversité, à mi-distance entre nos domiciles respectifs, et plusieurs de nos collaborateurs réguliers, des graphistes notamment, y sont également installés.
 
YABOOK : « Un éditeur gagne beaucoup d’argent sur le dos des auteurs » voilà une phrase que l’on entend souvent… un commentaire ?
Anne Peter : Un éditeur indépendant ne gagne pas beaucoup d’argent de toute façon, donc cela n’a pas vraiment de sens…
 
YABOOK : Quels sont vos liens avec vos auteurs et illustrateurs ? Et comment les choisissez-vous ?
Anne Peter : Très bons. C’est un des grands bonheurs de ce métier, de pouvoir travailler avec des personnes que nous apprécions. Quand ils ne sont pas déjà des amis, ils le deviennent la plupart du temps.
 
YABOOK : Combien de manuscrits recevez-vous chaque jour ou mois… ?
Anne Peter : Cela se compte au mois plus qu’à la journée, heureusement… Nous n’avons que trois ans d’existence, mais il est vrai que le nombre de manuscrits qui nous sont envoyés spontanément ne cesse d’augmenter.
 
YABOOK : Et sur ce nombre, combien en publiez vous finalement par an ?
Anne Peter : Nous avons jusqu’à ce jour privilégié les titres de commande, car nous développons des collections dans lesquelles il est souvent difficile de faire entrer une proposition venant de l’extérieur, mais cela peut changer, et nous sommes attentifs à toutes les propositions.
 
YABOOK : Quels sont vos souhaits et ambitions pour votre Maison ? Et comment voyez vous son avenir ?
Anne Peter : Notre souhait est de pouvoir durer et de continuer à apporter, grâce à nos auteurs qui cherchent tous à réinventer le monde dans lequel nous vivons, un éclairage nouveau sur des questions essentielles. Que chacun de nos livres soit unique ( !) et réponde à notre désir profond d’éditeur, en espérant rencontrer — soyons fous ! — le désir d’un lecteur.

YABOOK : Quel serait votre conseil pour un auteur qui veut vous envoyer un projet ?
Anne Peter : De bien s’imprégner de notre ligne éditoriale en consultant notre site internet (www.ruedelechiquier.net), et de « sentir » si cela a du sens de nous envoyer son manuscrit.

YABOOK : MERCI BEAUCOUP.

Retrouvez NOTRE COUP DE COEUR PHILO ADO ICI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 
  


 


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Nord Pas-de-Calais Lorraine Alsace Franche-Comté Provence Alpes Côte d'Azur Languedoc Roussillon Champagne-Ardennes Picardie Haute-Normandie Ile de France Bourgogne Rhône-Alpes Auvergne Midi-Pyrénées Aquitaine Limousin Poitou-Charentes Centre Basse-Normandie Pays de Loire Bretagne Corse

Interview de RUE DE L’ECHIQUIER : Ya Book