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Interview de Fabrice Colin
A la Une
auteur Fabrice Colin
GenreSF/Fantasy

Un auteur aux multiples facettes... à découvrir


Fabrice Colin, auteur de très nombreux ouvrages, y compris pour la jeunesse, nous parle de son Univers et de WINTERHEIM en particulier 

(voir notre coup de cœur ICI ) :


Yabook : Bonjour Fabrice Colin, vous êtes auteur, notamment pour la jeunesse. Depuis quand écrivez-vous ? Et depuis quand pour la jeunesse en particulier ?
Fabrice Colin : Premier roman publié : 1998. Premier roman jeunesse : 2001.

Yabook : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et quel à été votre parcours pour en arriver à l’écriture ?
Fabrice Colin : J’ai fait une école de commerce : ça m’a moyennement amusé. Ensuite j’ai rencontré Stéphane Marsan au Secours Populaire. Il ne venait pas pour chercher des vêtements, non : il était objecteur de conscience, tout comme moi. A l’époque, il s’occupait des éditions Mnémos. C’est grâce à lui que j’ai écrit mon premier livre.

Yabook : Vous êtes plutôt quelqu’un de calme, impulsif, réservé, fêtard, pessimiste, pragmatique, rêveur, naïf, utopiste ..... ?
Fabrice Colin : Je suis assez calme, j’aime bien boire des coups avec des potes, je suis pessimiste à moyen terme et optimiste à très long terme. L’ado qui vit en moi écrit la plupart des mes livres, l’adulte repasse dessus ensuite, les deux s’entendent bien, je n’ai jamais vu un psy de ma vie.

Yabook : Concernant les ouvrages destinés à la jeunesse, quels sont vos objectifs, vos missions éventuelles ?
Fabrice Colin : Divertir, point final. Toute idée de message ou de mission provoque chez moi une crise de bâillements irrépressible.

Yabook : Quels sont les retours de vos lecteurs, à commencer par vos enfants, neveux …. ? Qu’est-ce qui vous touche le plus ?
Fabrice Colin : Mes enfants ne lisent pas mes livres. C’est pas interdit, c’est pas encouragé non plus. J’aime l’idée que des gens soient heureux de lire, c’est tout – les enfants ne font pas exception.

Yabook : Que répondez-vous aux jeunes collégiens et lycéens qui vous demandent : à quoi ça sert de lire ?
Fabrice Colin : L’écriture est ce qui fonde l’idée même d’Histoire. Les dictateurs brûlent les livres, emprisonnent, torturent et/ou tuent les écrivains. Pourquoi ?
La lecture est sans doute l’activité intellectuelle la plus pure et la plus enrichissante qui soit. Vous pouvez regarder la télé à la place, traîner sur facebook, jouer à des jeux de baston : ça ne vous rendra pas plus bête mais personne ne vous mettra jamais en prison pour ça.
 
Yabook : Comment entretenez-vous votre imaginaire. Qu’est-ce qui vous inspire ?
Fabrice Colin : Tout. Les idées engendrent les idées. Le réel nourrit les écrivains, il me semble, et le réel est sans limite.

Yabook : Car si vous avez été adolescent, un "lecteur compulsif de SF et fantasy", vous disiez aussi avoir moins le temps de lire aujourd’hui. Pourtant vous enchaînez les ouvrages, romans, nouvelles, etc. à un rythme soutenu ?
Fabrice Colin : Je lis dans le train, dans le métro, dans mon lit. J’écris quand des idées me viennent, c’est-à-dire assez souvent. Dans la journée, je n’ai globalement que ça à faire.

Yabook : Vous semblez avoir la curiosité des émerveillements oubliés, des évènements cachés derrière les évènements historiques... les histoires parallèles ?
Fabrice Colin : Pas faux. Le Réel est un coffre aux trésors. L’idée d’une Histoire officielle est ridicule. Notre curiosité est tel un projecteur se promenant sur le monde, à des distances plus ou moins grandes, avec une précision plus ou moins signifiante.

Yabook : Peut-on dire que vous êtes aussi fasciné par l’anormalité, les ténèbres, la monstruosité ? Et pourquoi selon vous ?
Fabrice Colin : Ça, c’est plutôt le terrain de quelqu’un comme Jérôme Noirez. Moi, j’aime bien l’idée du monstre, mais ça n’a rien d’original, et je n’ai jamais creusé le concept.
 
Yabook : D’où vous vient l’amour de l’écriture, de l’histoire, de la mythologie du fantastique ?
Fabrice Colin : L’écriture est, avec l’amour, la seule forme de magie accessible à tous : on trace des caractères sur du papier et des images naissent dans l’esprit des gens, des voix résonnent, des explosions retentissent.
La mythologie est un exercice mental qui consiste à ordonner le chaos de l’existence et à trouver un sens aux évènements tragiques ou incompréhensibles. Le roman, c’est une fabrique de mythologie à visée partiellement mercantile.

Yabook : Quand vous n’écrivez pas, que faites vous ? Autrement dit, quelles sont vos autres passions ?
Fabrice Colin : J’aime écouter de la musique et regarder des séries télé.

Yabook : Avec quelles maisons d’édition collaborez vous et pourquoi ?
Fabrice Colin : Albin Michel, Gallimard jeunesse, Fleuve Noir, Sonatine, Flammarion et quelques autres. Ce sont les gens qui m’intéressent, pas les structures.

Yabook : Vous faut-il des conditions spéciales pour écrire ?
Fabrice Colin : Non. Je peux écrire n’importe où, n’importe quand, avec une préférence pour le matin, et pour mon salon.

Yabook : Vous avez été de nombreuses fois primé, vous vous attendiez à un tel succès ? Y attachez-vous de l’importance ?
Fabrice Colin : Les prix ne signifient pas grand-chose. Je n’en gagne pas plus que les autres si on considère le nombre de livres publiés.
On devient très vite démagogue quand on parle de ça mais c’est vrai, ce que j’aime, moi, ce sont les lettres de lecteurs, de vraies lettres d’amour, parfois.

Yabook : Pourquoi donner autant de noms à sonorités anglaises pour vos personnages et pays imaginaires ?
Fabrice Colin : J’adore les USA et l’Angleterre, pour des raisons assez différentes. C’est comme ça, je ne suis pas sûr que ça s’explique ou alors, il faudrait que j’écrive un livre, et ça a déjà été fait, je pense.

Yabook : Parlons de WINTERHEIM…. Comment cette trilogie est-elle née ?
Fabrice Colin : Je voulais écrire de la fantasy. Pourquoi pas ? Richard Wagner a été ma première inspiration, et des souvenirs de promenades dans les Vosges, mon berceau familial.

Yabook : Comment le personnage de Janes est né lui aussi ?
Fabrice Colin : Honnêtement, je ne me souviens plus.

Yabook : Quels liens entretenez-vous avec vos personnages (Janes mais aussi d’autres pour lesquels vous pouvez avoir une affection ou une aversion particulière ?) ? 
Fabrice Colin : Mes personnages sont mes marionnettes. Je les brosse à grands traits, je les regarde courir un peu puis je distribue à chacun des feuilles d’instructions, à suivre scrupuleusement, merci. J’aime mes personnages comme j’aime un livre, une forêt, une idée. Mais ils restent des créations.

Yabook : Que symbolise pour vous cette nécessité pour les héros de détruire les dieux ?
Fabrice Colin : Je n’avais considéré le livre sous cet angle. Je suppose que l’idée est de penser par soi-même, de se débarrasser de son Surmoi.

Yabook : En parlant de symbolique, avez-vous fait un travail particulier (recherches lectures, etc.) autour de la symbolique pour donner vie à vos personnages : la mort, la nuit, le loup blanc, dame des songes et autres notions d’espace-temps et relativité mort-vie, âmes, incarnation, possession…
Fabrice Colin : Non. L’Inconscient est aux commandes quand j’écris. Je parlais tout à l’heure de l’ado qui vit en moi. Je ne pense pas les choses, je ne raisonne pas en termes de symboles. Je crois qu’il serait affreux de se livrer à un tel exercice.


Yabook : Pourquoi les Dragons sont si cruels envers les hommes tandis que leurs ennemis réels sont les dieux ?
Fabrice Colin : Parce que les Dragons ne pensent pas comme nous.

Yabook : Pourquoi Janes finalement ne se venge pas du Kzaar ?
Fabrice Colin : « L’eau ne reste pas sur la montagne ni la vengeance dans un grand cœur ».

Yabook : Pourquoi faire mourir l’arbre monde ?  
Fabrice Colin : Tout meurt, il me semble. La mort d’un arbre de ce genre représente, dans la trame d’une histoire, une sorte de déchirure métaphysique. Voyez Avatar.

Yabook : L’idée d’Éternité de la vie, est-ce une rêve ou un cauchemar selon vous et pour vous ?
Fabrice Colin : La vie éternelle avec Éric Besson, ça risquerait d’être long, oui. Mais on sait tous qu’il ne s’agit pas de ça. L’idée de la transformation, de la transcendance, me séduit.

Yabook : "Les histoires d’amour finissent mal en général"… le père ... puis le fils dans cette histoire... l’amour passion ne se termine pas vraiment en conte de fée… Pourquoi cette fin sur une histoire d’amour "sacrifiée" ?
Fabrice Colin : Une histoire, d’un point de vue romanesque, est avant tout l’histoire de quelque chose qui se passe mal. 

Yabook : Le royaume des rêves et des songes est-il aussi l’un de vos refuges ? 
Fabrice Colin : Le sommeil, oui. Je ne me souviens pas aussi souvent de mes rêves que je le voudrais, je ne fais pas beaucoup d’efforts ces temps-ci.

Yabook : Un point sur vos parutions 2011 et les beaux moments que cela vous a procuré ?
Fabrice Colin : Beaucoup de rééditions cette année. Le meilleur moment : la co-écriture d’un roman avec Michael Moorcock, l’une de mes idoles de jeunesse. Vivre près de cet homme, lui parler, échanger avec lui, travailler, tout cela relève du miracle, du rêve éveillé – on reste dans le sujet.

Yabook : Un mot de vos projets 2012 et au-delà ?
Fabrice Colin : J’ai un thriller qui sort chez Sonatine. Je fourmille de projets par ailleurs mais la plupart doivent encore rester secrets, pour des raisons que vous comprendrez en temps voulu. Il y aura des romans jeunesse, des romans pas jeunesse, des encyclopédies et pas mal de surprises.

Yabook : Le livre numérique : pour, contre, dubitatif .... Qu’en pensez-vous ?
Fabrice Colin : Assez dubitatif : de l’ordre de la prophétie auto-induite. Le besoin profond auquel ça répond, je n’y crois pas un instant. Mais c’est le principe du monde capitaliste de répondre à des besoins qu’il a lui-même créés.
Quand les libraires seront morts, on reparlera de cette merveille, et on verra si on est plus heureux.
 
En bonus … Fabrice Colin et son Qui Suis-je ?


Nom prénom : Colin, Fabrice.
Age / date de naissance : 39 ans.
Lieu de naissance : Région parisienne.
Lieu de vie : Paris.
Situation de famille /enfants (âges) : Marié, deux enfants.
Signe(s) particulier(s) : Satisfait et râleur.
J’aime : La vie.
Je n’aime pas : Les questions j’aime / j’aime pas.
Mon dicton préféré : « Mort aux fanatiques ! »
Ma recette de cuisine préférée : Cuisine indienne.
Mon film ou/et dessin animé préférés : Cette année ? Tree of Life et Melancholia. A part ça, Les Simpson.
Si j’étais un super héros ou personnage de légende : Vladimir Nabokov.
Ville ou campagne ? Paris, l’Alsace.
Montagne ou mer ? Les Alpes, la Réunion.
Café ou thé à la menthe ? Thé à plein de trucs.
Mon livre de chevet : Ces temps-ci : Les mille automnes de Jacob de Zoet, de David Mitchell.
Chocolat blanc, noir ou au lait ? Noir. Ça va pas, la tête ?
Ma chanteuse préférée ? Nina Simone.
Mon histoire de vampire préférée ? Entretien avec un vampire.

 


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