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:: Interview Stephen Tunney ::

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auteur Stephen Tunney
Parution2012-10-00

Interview de l’auteur Quand on s’embrasse sous la Lune...

Yabook : Comment est née l’idée de Quand on s’embrasse sur la lune ?

Stephen Tunney : Je n’avais rien prévu du tout avec ce livre sauf que je voulais écrire une histoire à propos d’un adolescent qui rencontre de nombreux problèmes avec les filles et la loi. Je voulais aussi que cela se passe sur la Lune. Il fallait que ça se déroule deux mille ans dans le futur, ainsi, je pouvais créer un endroit lointain à la fois familier et complètement différent. Le scénario m’a permis d’inventer un univers complet avec ses propres règles et sa propre réalité. 

Sur la Lune, j’ai pu imaginer plusieurs choses qui n’auraient jamais été possibles sur Terre – la gravité est assez légère pour que les voitures puissent se déplacer sur une seule roue, le monde lunaire a été transformé, avec une atmosphère artificielle et des villes faites de gratte-ciels illuminés de néons sous un ciel rouge rempli de colibris. Crime et corruptions sont présents et l’infrastructure tombe en morceaux. Les écoles sont surchargées. La Lune n’est pas un endroit sympa où vivre, et encore plus si vous êtes comme Hieronymus Rexaphin, dont les yeux peuvent voir une 4e couleur primaire.

Parce que je suis un peintre et je suis entouré de couleurs, j’ai toujours été intrigué par le concept de la quatrième couleur primaire. Une couleur qui n’est pas basée sur le bleu, le jaune ou le rouge serait impossible à décrire. J’ai décidé que cet élément énigmatique allait devenir une part importante du roman et il a fini par s’insérer dans l’intrigue et devenir la base de tous les problèmes que rencontrent Hieronymus et ses amis.

 

 

Yabook : Quels sont les auteurs de science fiction qui ont été importants pour vous ?

Stephen Tunney : Déjà, les classiques – j’apprécie beaucoup Jules Verne et H. G. Wells. Je ne suis pas vraiment un fan de science fiction, j’aime simplement les auteurs qui imaginent des scénarios nous faisant réfléchir sur notre propre vie et sur les problèmes de société. J’aime vraiment le travail de Margaret Attwood, ses projections de futurs potentiellement négatifs sont très effrayantes mais le fait que ses personnages persistent dans leur humanité contrebalance la vision purement dystopique. J’ai lu récemment le roman très engagé du russe Yevgeny Zamyatin, Nous autres, publié en 1921 et considéré comme un précurseur au 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Les meilleurs romans de dystopie ou de société étrange ont été écrits par des auteurs normalement pas considérés comment appartenant au genre : Le Talon de fer de Jack London en fait partie, tout comme Un diamant gros comme le Ritz de F. Scott Fitzgerald.

 

 

Yabook : Comment voyez-vous Hieronymus ?

Stephen Tunney : Il est très intelligent mais, en même temps, il est angoissé parce qu’il doit faire face à un certain nombre de choses importantes que la vie lui demande de régler. D’abord, il y a l’état de sa mère. Et puis il y a sa propre condition en tant que « lunaire » et les problèmes qu’il rencontre en grandissant avec ce stigmate des yeux de la 4e couleur primaire. C’est un étudiant un peu perdu car, s’il excelle dans les sciences humaines, il est mauvais en maths et en sciences et cela l’expose à deux groupes vraiment distincts dans son école. Il ne peut pas se décider entre deux filles parce qu’il aime les deux. Il est fataliste et ne voit pas le futur clairement : il vit dans le moment, jour après jour. Il veut juste être un adolescent comme les autres, mais à cause de sa situation, il découvre à regret l’injustice du système.

 

 

Yabook : Les Lunaires sont passionnants... Ils peuvent voir d’autres couleurs et prédire l’avenir. Comment les avez-vous imaginés ?

Stephen Tunney : J’ai commencé avec l’idée qu’ils pourraient voir la quatrième couleur primaire. J’ai ensuite pensé : quelles conséquences cela entraîne ? Elles sont d’abord temporelles : la 4e couleur primaire existe dans une zone différente du temps, un temps qui ne coule pas de manière linéaire mais qui existe à plusieurs endroits au même moment. J’ai pensé qu’en ajoutant un élément de déplacement temporel, en plus de la qualité incompréhensible de la couleur en elle-même, je pourrais créer une situation unique pour ces gens nés sur la Lune.

 

 

Yabook : Les lunaires font également peur. Vous aviez envie d’écrire un roman sur la différence ?

Stephen Tunney : Oui. Je pense que cette « différence » est quelque chose que nous expérimentons tous en tant qu’adolescents et qui reste avec nous à jamais si nous réalisons que le monde n’est en rien semblable à ce que l’establishment veut vous faire croire. Les différences attisent nos expériences et nous aident à devenir celui ou celle que nous serons plus tard.

Personne sur la Lune ne comprend vraiment ce qui cause la symbolanose oculaire lunoptique mais ils en ont tous peur. C’est pour cela que des lois discriminatoires sont adoptées, qui entraînent la marginalisation de ceux qui en sont atteints. En fait, c’est la marginalisation de ce groupe de citoyens qui le rend effrayant : ils ont simplement la capacité de voir la quatrième couleur primaire dans le monde et leurs yeux sont de cette couleur, une couleur incompréhensible pour la majorité des gens. Ils n’ont pas de pouvoirs spéciaux mais ils sont stigmatisés comme démons ou des monstres et il s’avère que leur disparition se révèle être une partie de l’économie lunaire.

 

 

Yabook : Vous avez également une grosse activité musicale. Est-ce que la musique a été importante dans l’écriture de Quand on s’embrasse sur la lune ?

Stephen Tunney : Oui. J’ai essayé de faire en sorte que les personnages, en particulier les Tarés, parlent d’une sous-culture musicale propre à la Lune et même la manière dont les Tarés en parlent est révélatrice, du moins je l’espère, de la musique qu’ils écoutent – pleine d’expressions idiomatiques que personne ne comprend à part les membres de leur groupe. Cela a surtout à voir avec ma propre expérience d’adolescent, comment la culture musicale joue une part importante dans les interactions sociales. Même dans deux mille ans, je suis certain que les jeunes continueront d’interagir et de se socialiser à travers les expériences musicales.

 

 

Yabook : Quels sont vos projets ?

Stephen Tunney : Je suis très occupé en ce moment avec la suite de Quand on s’embrasse sur la lune. Ils se déroulent dans les jours, semaines et mois suivants les événements décrits dans le premier livre. Ce qui arrive aux personnages, aux nouveaux comme aux autres, dont un en particulier qui est complètement transformé. Je vais aussi beaucoup plus détailler ce monde sur la Lune au 41e siècle et le passé de certains personnages. Je m’amuse beaucoup en l’écrivant. Mon objectif est d’écrire au moins trois livres relatant les aventures de Hieronymus, Slue et Fenêtres-s’abattant-sur-des-moineaux... mais si on me le demande, je serais ravi de continuer leur histoire !

 


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