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:: Interview Eli Esseriam ::

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auteur Eli Esseriam
Parution2012-01-00

Eli Esseriam vient de signer un premier roman véritablement enthousiasmant qui également le premier d’une série : Apocalypsis ! En route vers l’apocalypse ! Et avec humour s’il vous plait !

Yabook : Première question, parlez-nous un peu de votre parcours. Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ? Vous lisiez beaucoup petite ? 

Eli Esseriam : Avec un bac L en poche, je suis devenue infirmière et j’exerce en psychiatrie. J’admets que ce n’est pas ce que j’envisageais, petite, mais c’est certainement ce qui me "va" le mieux. Enfant, je n’aimais que les livres et c’est une inclinaison qui m’est restée. Je trouvais le moindre bouquin totalement magique et fascinant. Je garde des souvenirs merveilleux de mes premières lectures. Quant au fait d’écrire, ç’a toujours été un passe-temps, d’abord timide et caché, puis assumé. Je me sens infiniment plus à l’aise dans ce mode de communication, et d’expression. Comme tous les timides pathologiques, j’imagine...

 

Yabook : Comment est née l’idée de cette série ?

Eli Esseriam : Je ne saurai pas dire exactement comment Apocalypsis est né. Il s’est présenté et, alors que j’ai mille idées/minute (loufoques et absurdes pour la plupart), j’ai eu la sensation que celle-ci était potentiellement bonne, voire exploitable. J’en ai parlé à Fred Ricou, qui m’a conseillée de poser les choses, d’écrire les grandes lignes, de commencer à "dessiner" les personnages et, en le faisant, j’ai réalisé qu’ils existaient depuis un moment dans mon esprit. C’était très exaltant, comme moment.

 

Yabook : Pourquoi écrire sur l’apocalypse ? Y’a-t-il quelque chose de jouissif a envisager la fin du monde ?

Eli Esseriam : Comme je ne suis pas à un paradoxe près, je dois préciser que toutes les prédictions apocalyptiques m’agacent au plus haut point. Je n’aurai jamais imaginé écrire sur ce sujet, vraiment ! Ce qui est jouissif, pour moi, ce n’est jamais un évènement en lui-même mais les mille façons potentielles de le vivre, le subir ou le dominer. La vie est grossièrement la même pour tous. Ce qui est extraordinaire, c’est ce que certains arrivent à en faire. J’ai trouvé plaisante l’idée de forcer des êtres en début de construction à décider de la fin d’un vieux Monde. De confronter leur inexpérience à l’Histoire, leur fougue et leur zèle, leur légèreté parfois, à quelque chose d’aussi grand, grave et solennel que la mort de tous.

 

Yabook : Parlez-nous un peu d’Alice, la première de vos quatre héroïnes. Comment la voyez-vous ?

Eli Esseriam  : Je n’ai pas un regard très objectif sur Alice parce que je me suis grandement inspirée de l’adolescente que j’étais (et de la pseudo-adulte que je suis) pour la construire. Du coup, je ne vous cache pas que c’est à la fois drôle et troublant quand je lis ce que certains pensent d’elle... Je lui ai donné beaucoup de ma personnalité, de mes quelques qualités, de mes gros défauts. Alice est quelqu’un qui aime garder le contrôle, justement parce qu’elle a conscience que dans la vie, tout devient rapidement incertain et hasardeux. En réalité, elle a très peur, de tout et son contraire. D’échouer et de réussir, d’être aimée et d’être rejetée, de l’avenir et de l’absence de futur. Alice réfléchit constamment, ce qui lui laisse peu de temps pour rêver, se reposer ou... vivre.

 

Yabook : Surdouée, elle fait peu de cas de ses camarades qui la rejettent. Cette solitude est un moyen de défense pour elle ?

Eli Esseriam : La solitude, c’est quelque chose de fascinant. Parce qu’on se sent tous seul, même, ou surtout, noyé dans une foule. Peu importe qu’on soit norvégien ou pakistanais, qu’on ait 5 ans ou 72, qu’on soit amoureux, veuf ou échangiste, la solitude reste une ombre permanente, plus ou moins grande. C’est à la fois ce qui protège Alice et ce qui l’expose. Elle ne se sent ni comprise, ni aimée et encore moins reconnue. Elle est à part, à cause de son histoire personnelle, son intelligence, son regard sur les choses. Son entourage la mésestime, la déteste ou la craint mais personne ne la connait réellement. Et lorsqu’elle découvre son don, elle réalise qu’elle-même ignore l’essentiel d’elle-même. Voilà ce qui lie mes 4 Cavaliers, au delà de leur mission commune. La solitude. Ils sont les êtres les plus seuls qu’il m’ait été donné d’imaginer.

 

Yabook : Le début semble assez léger mais peu à peu le récit s’assombrit. C’est ce que vous souhaitiez dès le départ où cela s’est-il imposé à vous ?

Eli Esseriam : J’aime les trompe l’oeil, les illusions d’optique, les effets de manche. Rien n’est plus déroutant et perturbant qu’une atmosphère qui se désagrège, une histoire qui se disloque, un corps qui se décompose... Quand l’épopée d’Alice commence, elle est une ado un peu différente, cruelle sur les bords et méprisante au milieu, mais rien de totalement surréaliste ou invraisemblable. Et puis, en 200 pages, elle amortit des épreuves compliquées, s’efforce à des deuils impossibles (celui de sa propre vie, pour commencer) et prend vingt ans dans les gencives. Elle ne pouvait décemment pas être frivole, solaire et candide, vous en conviendrez... Je voulais une impression de crépuscule, quand on n’est pas encore tout à fait dans le noir mais lorsque, déjà, on ne distingue plus les visages, les couleurs. Où il ne reste que du vague, du flou. Où l’on cherche à l’aveugle.

 

Yabook : Il y a une vidéo promo du livre. Avez-vous participé à son élaboration ?

Eli Esseriam : J’ai bien sûr donné mon avis sur le résultat mais je n’ai pas du tout participé à l’élaboration de la vidéo et c’est une très bonne chose, croyez-moi ! Je ne suis pas très douée en communication ou marketing et mes partenaires, eux, sont infiniment plus capables et talentueux en la matière. Quoi qu’il en soit, c’était très étrange, mais dans le bon sens, de la découvrir. En raison de mon esprit critique, on craignait un peu de me la montrer, surtout la première version dépourvue des Cavaliers selon Aurélien Police (un des derniers hommes parfaits). Mais en toute honnêteté, c’était grisant ! Et j’en profite pour remercier encore Jean-Mathias Xavier !

 

Yabook : Il y aura d’autres cavaliers de l’apocalypse dans les prochains tomes. Qui seront-ils ?

Eli Esseriam : Ah ! Les autres Cavaliers... Edo, Maximilian et Elias. Ils seront surprenants, j’espère, et attachants !

Edo est violemment libre. Il est brusque, colérique, il s’autorise tout et n’a peur de rien, ou presque. Du coup, il en devient drôle et terriblement rafraichissant. Il parait totalement inhumain et barbare mais il n’est pas que ça. Il est beaucoup plus subtil, nuancé et généreux qu’on ne le pense. Qu’il ne le pense.

Max est celui qui a peut-être le don le plus compliqué. Il est une supercherie à lui tout seul : il semble adoré, sûr de lui, populaire et charismatique. Il est l’héritier d’une fortune colossale, bénéficie de tous les privilèges imaginables et a reçu une excellente éducation. En dépit de tout ceci, il est celui pour lequel j’ai le plus de tendresse. Voire de pitié.

Elias est le type improbable de la bande, un peu le Beatles dont on cite toujours le nom en dernier. Il est celui qu’on n’aurait jamais choisi, à tort. Il est timide, fragile, inhibé, bègue, complexé et franchement bizarre. Bref : l’archétype du perdant. Mais il est magnifique, en réalité. Vraiment.

 

Yabook : Quels sont vos projets ? Sur quoi travaillez-vous ?

Eli Esseriam : Je termine le tome 5, en ce moment. Ce n’est pas évident, maintenant que je me sais attendue au tournant... Ensuite, j’aimerai beaucoup trouver un peu de temps pour ne rien faire et laisser mille autres idées se présenter, en espérant qu’il y en ait une qui m’habite autant qu’Apocalypsis. Il faudra qu’elle soit très différente, toute neuve et qu’elle vaille le coup d’être écrite et lue, surtout.

Mais passons un marché : quand vous aurez lu le dernier tome, reposez-moi la question. On verra ensemble si la réponse est toujours la même... 

A lire aussi : La chronique du premier tome

 

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